Monsieur G : L’homme descendu du ciel

Il est apparu juste comme le souffle me manquait. Juste comme je partais m’épuiser et oublier tous les hommes, loin, en retraite, à travailler dans un camp de vacances.

Ce soir la, j’avais une “date”, date qui s’est plutôt mal déroulé. Mais heureusement, on était aller voir de mes amis jouer un match, alors on avait quelque chose à regarder au lieu d’affronter le satané silence éternel des dates-qui-n’auraient-jamais-dû-arrivé. C’était un mercredi donc, mercredi de chaleur et d’été qui fait rayonner tous les corps et tous les esprits. Sauf le mien. J’étais morose, nostalgique du Rien, et déçue à la fois du passé, du présent, et de ce qui se présentait comme futur; le Rien.

Accoudée à une table à pic-nic, en train d’argumenter avec la date-qui-n’aurait-pas-dû-être, à propos de la religion et des grands concepts de la vie. (C’est un bon sujet d’ailleurs, si un jour vous n’avez vraiment plus rien à dire). Arrive soudain dans la conversation un garçon que je connaissais par l’entremise de d’autre amis. Tous ce que je savais de lui, c’est que je ne pouvais pas le sentir, avant même de lui avoir jamais adressé la parole.

Il entre sans crier gare dans notre conversation, et nous lance ses grandes opinions sur le sujet. À sa première parole, je me dis “bon, qu’est-ce qu’il a à rajouter lui, encore!” Mais j’écoute ce qu’il a à dire, et très vite, je me dis “bon sang, jamais personne n’a autant bien remis en phrase ce qui se trouve caché dans mes compartiments de pensée mal rangés…”

On rigole de notre mutuelle haine-qui-n’avait-pas-lieu-d’être (en fait, si je le détestais autant, c’est parce qu’il est un grand ami de Monsieur D, le coq Fendant.) et on passe vite à un échange de numéro.
Dès le lendemain, le tourbillon de bonheur s’éprend de nous. Le lendemain, nous avons passé la soirée au même endroit, et j’ai fini par allé le déposer chez lui. Le fameux cigarettes-dans-la-voiture-jusqu’aux-petites-heures-du-matin a débuté.

Le lendemain, encore, la soirée ensemble.

Le lendemain, on décide de partir à l’aventure avec des amis dans un tournoi dans les bois. Nous nous sommes retrouvés seul au monde dans un champ de maïs à se découvrir en jouant à des jeux de connaissance. Nous étions 4, mais je ne voyais que lui. Je buvais ses paroles et je ne voulais jamais que ce moment se termine. Encore une fois, cigarettes-dans-la-voiture-jusqu’aux-petites-heures-du-matin.
Le dimanche, on se rend dans un parc sur une île, ou on se raconte nos plus profonds secrets, ou on se confie nos vies, nos désirs, nos aspirations. Et bien entendu; le tout coïncide.
Je me dis… Bon sang, qu’est-ce que je fais à partir travailler dans un camp de vacance, loin de ce soleil qui éclaire mon chemin!
Ce soir là, il est venu dormir chez moi, sur le sofa,… Un homme comme il ne s’en fait plus. Je ne me suis jamais sentie autant attirante que par son respect de ma personne, de mon être et de mon corps. Et je ne me suis jamais senti autant en harmonie avec quelqu’un, puisque le lendemain matin, à la seconde près, nous nous sommes réveiller pour passer un autre 23 heures, côte à côte.
Après cette nuit, on retrouve dans mon journal:
“Arrose mon jardin secret,
car tu as le pouce plus vert
que les êtres que cette terre
m’a mené vers à regrets.”
Quelques jours plus tard, il me donne un indice, comme moi il à quelque chose à me dire mais qu’il ne peut pas me le dire, mais que “la musique a toujours raison”…

Jamais un homme ne m’avais payer 2$ pour un baiser sur la joue.
Dans le fin fond d’un bois, un soir de grande fête, il joue de la guitare comme si j’étais sa seule auditrice, je lui dédie des paroles comme si je les avaient écrites et on fini par aller se coucher dans la tente de la soirée; la voiture.
Recroquevillé dans notre petite bulle, on commence à se poser des questions, à approfondir… En fait, on avait mis le sujet tabou. J’avais largement cru comprendre qu’il était attiré par moi, mais il tenait à garder cela secret. On s’était donc dit qu’il était interdit d’aborder le sujet.
Mais pour briser le tabou, il a payer 2$ et m’a donner un doux baiser sur la joue.

Quelques semaines plus tard, me voila en amour comme jamais. Relation magnifique et enrichissante. J’ai laissé tombé l’idée de partir loin de chez moi, et j’ai pris un emploi qui me déplaisait car je voulais être près de Monsieur G, tout le temps.
Monsieur G savait sourire, écouter, réfléchir et me refléter mes pensées. Il savait me combler, sur tout les plans. Et les projets d’avenir étaient sublime. Nous avions les mêmes aspirations. Même nos goûts de maisons étaient les mêmes; c’est pour dire.
Enfin, un homme qui s’abandonnait à un “nous”. Enfin, un homme qui voulait moi, et tout ce qui va avec.
Enfin, un homme qui voyait en “nous” un futur, un avenir, et que du bonheur.
Enfin. Un homme, un vrai.

Puis les nuages sont arrivés.
Peu à peu, je n’arrivais plus à voir le soleil.
J’ai commencé à avoir de plus en plus froid, et de plus en plus la chair de poule.

Après avoir passé des jours et des jours à se dévorer d’amour et du regard sans se quitter d’une semelle, il passe une soirée avec ses amis, puis manque son match le lendemain, puis s’en va aider un ami, puis le lendemain soupe avec d’autres amis, puis samedi dors chez des amis……

À ce moment, j’ai essayer de mettre mon bouclier. Mais il n’était pas très fort. Je passé des nuits, des matins, des midis et des soirées en larmes, à me demander ce qu’il pouvait bien faire à ne pas vouloir me voir, soudain, du jour au lendemain.

Quelques jours plus tôt, il voulait toujours faire l’amour. Il n’en avait plus envie.
Avant, il voulait toujours passer du temps seul avec moi. Il voulait maintenant voir ses amis, lui et lui seul.

Il disait que j’étais sa muse.

Dans mon cahier, 5 pages de questions sans réponses. 5 pages de questions qu’il ne m’aura jamais répondu.

Tu m’a laissé dans ma voiture, dans un stationnement de commerce près de chez toi. La femme à la commande à l’auto à du croire que je faisais une commande tellement je hurlais de douleur.
Je suis rester là si longtemps, à avoir les yeux trop embrouillés pour conduire.

Merci quand même, Monsieur G, de m’avoir permis de mieux comprendre qui j’étais.

Grâce à toi, j’ai développé le plus solide des boucliers, qui n’a jamais flanché depuis. Jamais.

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